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:: Justice par Jean Michel Jarre ::

 
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Socali
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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 01:11 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant



J'aime beaucoup Jarre, je me demande ce qu'il y aura dans ce mag..

EDIT MODO: ajout de l'interview.


D’un côté, Jean Michel Jarre, pionnier visionnaire des musiques électroniques (cité en référence par Vitalic ou Sébastien Tellier). De l’autre, la nouvelle garde, Justice, de retour avec un nouvel album bombesque, élastique et brûlant. Une rencontre s’imposait. 1977 : en pleine année punk, un homme publie un morceau instrumental, aux ambiances synthétiques. Oxygene IV sera réspiré par des millions, de Londres à Paris en passant par Tokyo : sans le savoir, Jean Michel Jarre vient d’ouvrir une brèche. La french touch s’y engouffrera, around the world comme disait Daft Punk. Justice, le duo formé par Xavier de Rosnay et Gaspard Augé, a pris le temps de concevoir la suite d’un premier album, carton renversant les codes. Avec un enthousiame de fans, les trois musiciens font un peu plus que se rencontrer : ils se découvrent une langue commune, au-delà des générations.

Jean Michel Jarre : A mes débuts, l’électronique était un désert. En France, nous étions envahis par le rock, la pop et des musiques ethniques. De la même façon que nous n’avons pas besoin d’un Jacques Brel malgache, nous n’avons pas besoin d’ersatz des originaux. C’était très frustrant. En revanche, la France et l’Allemagne, des pays traditionnellement liés à la musique classique, étaient plus pertinents sur les musiques électroniques. Ce qui me plaît chez vous, c’est la réappropriation de cette vision européenne.

Xavier de Rosnay : Si la musique électronique française fonctionne à l’étranger, c’est simplement parce que c’est la première qui ait été française, sans tentative d’imitation.

L’Optimum : Etes-vous dépendants des technologies ?

Jean Michel Jarre : Il y a eu avant l’électricité électronique et après. Elles ont modifi é la musique avec la découverte de l’Afrique, c’est-à-dire du beat. Les synthés m’ont permis de faire ce que je voulais. Mozart n’avait pas un orchestre à disposition, et il devait juste noter la musique, ça restait totalement cérébral.

Xavier de Rosnay : Nous ne sommes pas musiciens, nous étions graphistes jusqu’en 2003. La possibilité de faire de la musique nous a été offerte par les ordinateurs. Pour plaisanter, on pourrait dire que Justice est un boys band dont nous sommes les directeurs artistiques et les producteurs.

Jean Michel Jarre : L’outil définit le style. Soulages a peint ses toiles parce qu’il utilise une brosse à chaussures plutôt qu’un pinceau et les chansons d’Elvis existent parce que le juke-box n’accueillait que des 45 tours ne supportant pas plus de trois minutes.

Dans ce contexte, comment abordez-vous la performance live ?

Jean Michel Jarre : Les instruments du rock ont été pensés pour la performance, quand les instruments de l’électronique étaient faits pour les laboratoires, pas pour le jeu. Quand j’ai commencé, il y avait soit des patinoires, soit des salles pour la musique classique, c’est pour ça que je suis allé vers des lieux en extérieur. J’étais très intéressé par l’opéra. Comme ce n’était pas très sexy de rester derrière un ordinateur, j’ai réfléchi au visuel. Si l’on fait l’effort d’aller voir un artiste sur scène, alors que l’on peut écouter de la musique où l’on veut, il faut se pencher là-dessus. Je pense qu’on sera d’accord pour dire que la musique électronique permet de se fabriquer sa propre histoire, de ne rien imposer.

Gaspard Augé : Il faut éviter le décalage qui peut exister entre un livre et son adaptation au cinéma.

Jean Michel Jarre : … Et il faut que le visuel soit le moins illustratif possible, en évitant le côté les nuages et la mer. C’est ce que j’aime chez vous : votre identité visuelle fait partie de l’identité globale.

Xavier de Rosnay : Quand on fait un album, onse concentre sur l’effi cacité émotionnelle mais à notre propre usage, par ignorance de ce que les gens attendent de nous. En revanche, quand nous faisons un concert, on se sent investis d’une mission : sur scène, il faut se rendre intelligible immédiatement. Visuellement, on essaie d’être radicaux et de prendre le contre-pied de l’image d’Epinal de cette scène, avec une débauche d’effets.

Jean Michel Jarre : En écoutant le disque, j’ai entendu des influences de Led Zeppelin. Je suis un grand fan de hard rock, j’adore son côté épique, romantique et sophistiqué. J’espère que ça ne vous choque pas ?

Xavier et Gaspard : Pas du tout !

Les grands succès reposent sur des malentendus, ça vous arrange ?

Xavier de Rosnay : Complètement ! On ne dit que le minimum pour ne pas ôter le plaisir du public qui consiste à se faire sa propre idée.

Jean Michel Jarre : Plus il y en a, mieux je me porte. Je suis très à l’aise avec les écrans de fumée. Je suis de plus en plus sensible à l’idée que des apparences heureuses cachent la mélancolie. Je le sens fortement chez vous : sous les décibels, l’encre de Chine.

Xavier de Rosnay : C’est marrant à quel point on se ressemble là-dessus. Avec Gaspard, on en parle tout le temps en ce moment.

Jean Michel Jarre : J’imagine que faire partie d’Ed Banger (la maison de disques de Justice, NDLR) permet de ne pas accorder trop d’importance à ce qui n’est pas votre travail ?

Xavier de Rosnay : Pedro Winter (boss d’Ed Banger, NDLR) a été déterminant. Il a été notre excuse pour continuer. Sans lui, nous aurions fait autre chose.

Jean Michel Jarre, en 1983, vous avez enregistré un disque, vendu en un exemplaire unique lors d’une vente aux enchères…

Jean Michel Jarre : C’était Musique pour supermarchés. J’ai voulu faire ça en réaction aux CD, vendus comme des Kleenex. On allait faire croire que la musique n’avait plus de valeur, parce que le support n’en avait plus. Et c’est à peu près ce qui s’est produit. Le disque est passé deux fois à la radio, avec un message : Piratez-moi ! A mon avis, la crise actuelle vient de là : lorsque les financiers et les avocats ont pris le contrôle de l’industrie musicale. Ils se sont désintéressés du contenu pour se concentrer sur le support, et lorsqu’il s’est dématérialisé, tout s’est écroulé.

Gaspard Augé : Sur un mode plus sentimental, la destruction du support a détruit le désir, l’attente.

Jean Michel Jarre : Quitte à aller vers la dématérialisation, il faudrait exploiter le potentiel du digital.

Xavier de Rosnay : Du coup, nous avons refusé une édition spéciale iTunes, qui n’aurait servi à rien dans ces conditions.

Vous êtes fétichistes avec vos instruments ?

Xavier de Rosnay : Oui, la première chose que l’on fait avant de se mettre au travail sur un disque, c’est de refaire un studio de A à Z.

Jean Michel Jarre : Steve Jobs a réintroduit un rapport sensuel aux objets. Finalement, le fantasme de la modernité, de l’abstraction, nous a amenés vers un retour à l’organique. Notre vision avant l’an 2000 avait une aspiration, et en basculant de l’autre côté du millénaire, nous sommes devenus orphelins du futur, avec une vision très restrictive de l’avenir, celle des marketeux de l’écologie, du tri des poubelles, très loin d’Arthur C. Clarke (L’auteur du roman 2001 : L’Odyssée de l’espace, NDLR). Je suis convaincu qu’en réunissant l’organique et la technologie, on retrouvera un élan.

Après avoir été futuriste, la musique électronique est-elle vouée à la nostalgie ?

Xavier de Rosnay : Elle n’est ni futuriste ni nostalgique. Pour nous, un nouveau disque n’est pas différent, c’est comme voir un vieux copain qui a changé de coupe de cheveux, mais ce détail est si apparent qu’il modifi e la perception.

Jean Michel Jarre : La morale et la nostalgie n’ont rien à voir avec ce qui permet de réaliser ses désirs. Il n’y a pas de volonté d’être moderne, c’est juste ainsi que l’on est vus.

Justice, Audio, Disco, Video (Ed Banger/Because).

Jean Michel Jarre, Essentials & Rarities (Disques Dreyfus). Oxygene, Equinoxe et Chants magnétiques viennent d’être réédités en vinyle (Disques Dreyfus).

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 01:11 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Flat NATHAN
Justicier Suprême

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 01:24 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

A mon avis il y aura beaucoup de belles photos d'après ce qu'on voit dans la preview
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Socali
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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 01:32 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Exact
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Storm.Groover
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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 14:47 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Jean Michel Jarre et Justice dans un seul et même magazine, deux de mes artistes préférés! ça va être ouah! Le magazine coûte combien?
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Socali
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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 14:48 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Ahaha, exactement pareil que toi ! Pour le magazine je n'en ai vraiment aucune idée, je ne le connais pas. On verra bien en novembre !
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Storm.Groover
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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 15:03 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

L'abonnement à l'année est à 21€ (au lieu de 30) sur internet, donc je pense que ce magazine doit être à 3€. Visiblement le dossier parlera de french touch dans son sens le plus large.

Citation:
Pour son numéro de novembre, L’Optimum a choisi pour sa une le duo electro français Justice, de retour pour un second album. Et c’est tout naturellement que la rédaction a voulu convier à cette rencontre le père de l’electro française, Jean-Michel Jarre. Quand le pionnier des musiques électroniques rencontre les représentants de la nouvelle garde, ça donne Jarre remixe Justice, une interview à découvrir uniquement dans L’Optimum !

L’occasion aussi pour L’Optimum, à l’heure des Justice, Guetta et autres Daft Punk, de faire un point sur la french touch, qui, en l’espace d’une quinzaine d’années semble avoir réussi à s’imposer sur la scène internationale.

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Socali
Geek Of Nazareth

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 15:13 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Mon dieu, mais ça risque d'être tout bonnement génial !
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electro choc
Justicier Suprême

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 15:30 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

ya deja un topic sur ca les mecs
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Socali
Geek Of Nazareth

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 16:25 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Ouep sorry je viens de le voir. Le magazine est pas encore sorti, si ?
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s3a
Fantôme

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MessagePosté le: Lun 31 Oct - 22:19 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Vu en kiosque, aucun intérêt.
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Socali
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MessagePosté le: Mar 1 Nov - 11:55 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Pourquoi ? Explique.
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s3a
Fantôme

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MessagePosté le: Mar 1 Nov - 18:26 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Photos pas hyper intéressantes, réponses pas hyper intéressantes.
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Shinji
Geek Of Nazareth

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Messages: 481
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MessagePosté le: Mar 1 Nov - 21:48 (2011)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Oh, JMJ remixant vraiment Justice ça pourrait etre fort interessant je pense!
_____________________________
http://vibedeck.com/shinji/


Factory Of Memories OUT NOW: http://vibedeck.com/shinji/factory-of-memories/
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Storm.Groover
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MessagePosté le: Mar 30 Juil - 21:16 (2013)    Sujet du message: Justice par Jean Michel Jarre Répondre en citant

Je me permet de faire remonter ce vieux topic car l'interview n'a jamais été posté sur le forum. Voici donc l'interview:

D’un côté, Jean Michel Jarre, pionnier visionnaire des musiques électroniques (cité en référence par Vitalic ou Sébastien Tellier). De l’autre, la nouvelle garde, Justice, de retour avec un nouvel album bombesque, élastique et brûlant. Une rencontre s’imposait. 1977 : en pleine année punk, un homme publie un morceau instrumental, aux ambiances synthétiques. Oxygene IV sera réspiré par des millions, de Londres à Paris en passant par Tokyo : sans le savoir, Jean Michel Jarre vient d’ouvrir une brèche. La french touch s’y engouffrera, around the world comme disait Daft Punk. Justice, le duo formé par Xavier de Rosnay et Gaspard Augé, a pris le temps de concevoir la suite d’un premier album, carton renversant les codes. Avec un enthousiame de fans, les trois musiciens font un peu plus que se rencontrer : ils se découvrent une langue commune, au-delà des générations.

Jean Michel Jarre : A mes débuts, l’électronique était un désert. En France, nous étions envahis par le rock, la pop et des musiques ethniques. De la même façon que nous n’avons pas besoin d’un Jacques Brel malgache, nous n’avons pas besoin d’ersatz des originaux. C’était très frustrant. En revanche, la France et l’Allemagne, des pays traditionnellement liés à la musique classique, étaient plus pertinents sur les musiques électroniques. Ce qui me plaît chez vous, c’est la réappropriation de cette vision européenne.

Xavier de Rosnay : Si la musique électronique française fonctionne à l’étranger, c’est simplement parce que c’est la première qui ait été française, sans tentative d’imitation.

L’Optimum : Etes-vous dépendants des technologies ?

Jean Michel Jarre : Il y a eu avant l’électricité électronique et après. Elles ont modifi é la musique avec la découverte de l’Afrique, c’est-à-dire du beat. Les synthés m’ont permis de faire ce que je voulais. Mozart n’avait pas un orchestre à disposition, et il devait juste noter la musique, ça restait totalement cérébral.

Xavier de Rosnay : Nous ne sommes pas musiciens, nous étions graphistes jusqu’en 2003. La possibilité de faire de la musique nous a été offerte par les ordinateurs. Pour plaisanter, on pourrait dire que Justice est un boys band dont nous sommes les directeurs artistiques et les producteurs.

Jean Michel Jarre : L’outil définit le style. Soulages a peint ses toiles parce qu’il utilise une brosse à chaussures plutôt qu’un pinceau et les chansons d’Elvis existent parce que le juke-box n’accueillait que des 45 tours ne supportant pas plus de trois minutes.

Dans ce contexte, comment abordez-vous la performance live ?

Jean Michel Jarre : Les instruments du rock ont été pensés pour la performance, quand les instruments de l’électronique étaient faits pour les laboratoires, pas pour le jeu. Quand j’ai commencé, il y avait soit des patinoires, soit des salles pour la musique classique, c’est pour ça que je suis allé vers des lieux en extérieur. J’étais très intéressé par l’opéra. Comme ce n’était pas très sexy de rester derrière un ordinateur, j’ai réfléchi au visuel. Si l’on fait l’effort d’aller voir un artiste sur scène, alors que l’on peut écouter de la musique où l’on veut, il faut se pencher là-dessus. Je pense qu’on sera d’accord pour dire que la musique électronique permet de se fabriquer sa propre histoire, de ne rien imposer.

Gaspard Augé : Il faut éviter le décalage qui peut exister entre un livre et son adaptation au cinéma.

Jean Michel Jarre : … Et il faut que le visuel soit le moins illustratif possible, en évitant le côté les nuages et la mer. C’est ce que j’aime chez vous : votre identité visuelle fait partie de l’identité globale.

Xavier de Rosnay : Quand on fait un album, onse concentre sur l’effi cacité émotionnelle mais à notre propre usage, par ignorance de ce que les gens attendent de nous. En revanche, quand nous faisons un concert, on se sent investis d’une mission : sur scène, il faut se rendre intelligible immédiatement. Visuellement, on essaie d’être radicaux et de prendre le contre-pied de l’image d’Epinal de cette scène, avec une débauche d’effets.

Jean Michel Jarre : En écoutant le disque, j’ai entendu des influences de Led Zeppelin. Je suis un grand fan de hard rock, j’adore son côté épique, romantique et sophistiqué. J’espère que ça ne vous choque pas ?

Xavier et Gaspard : Pas du tout !

Les grands succès reposent sur des malentendus, ça vous arrange ?

Xavier de Rosnay : Complètement ! On ne dit que le minimum pour ne pas ôter le plaisir du public qui consiste à se faire sa propre idée.

Jean Michel Jarre : Plus il y en a, mieux je me porte. Je suis très à l’aise avec les écrans de fumée. Je suis de plus en plus sensible à l’idée que des apparences heureuses cachent la mélancolie. Je le sens fortement chez vous : sous les décibels, l’encre de Chine.

Xavier de Rosnay : C’est marrant à quel point on se ressemble là-dessus. Avec Gaspard, on en parle tout le temps en ce moment.

Jean Michel Jarre : J’imagine que faire partie d’Ed Banger (la maison de disques de Justice, NDLR) permet de ne pas accorder trop d’importance à ce qui n’est pas votre travail ?

Xavier de Rosnay : Pedro Winter (boss d’Ed Banger, NDLR) a été déterminant. Il a été notre excuse pour continuer. Sans lui, nous aurions fait autre chose.

Jean Michel Jarre, en 1983, vous avez enregistré un disque, vendu en un exemplaire unique lors d’une vente aux enchères…

Jean Michel Jarre : C’était Musique pour supermarchés. J’ai voulu faire ça en réaction aux CD, vendus comme des Kleenex. On allait faire croire que la musique n’avait plus de valeur, parce que le support n’en avait plus. Et c’est à peu près ce qui s’est produit. Le disque est passé deux fois à la radio, avec un message : Piratez-moi ! A mon avis, la crise actuelle vient de là : lorsque les financiers et les avocats ont pris le contrôle de l’industrie musicale. Ils se sont désintéressés du contenu pour se concentrer sur le support, et lorsqu’il s’est dématérialisé, tout s’est écroulé.

Gaspard Augé : Sur un mode plus sentimental, la destruction du support a détruit le désir, l’attente.

Jean Michel Jarre : Quitte à aller vers la dématérialisation, il faudrait exploiter le potentiel du digital.

Xavier de Rosnay : Du coup, nous avons refusé une édition spéciale iTunes, qui n’aurait servi à rien dans ces conditions.

Vous êtes fétichistes avec vos instruments ?

Xavier de Rosnay : Oui, la première chose que l’on fait avant de se mettre au travail sur un disque, c’est de refaire un studio de A à Z.

Jean Michel Jarre : Steve Jobs a réintroduit un rapport sensuel aux objets. Finalement, le fantasme de la modernité, de l’abstraction, nous a amenés vers un retour à l’organique. Notre vision avant l’an 2000 avait une aspiration, et en basculant de l’autre côté du millénaire, nous sommes devenus orphelins du futur, avec une vision très restrictive de l’avenir, celle des marketeux de l’écologie, du tri des poubelles, très loin d’Arthur C. Clarke (L’auteur du roman 2001 : L’Odyssée de l’espace, NDLR). Je suis convaincu qu’en réunissant l’organique et la technologie, on retrouvera un élan.

Après avoir été futuriste, la musique électronique est-elle vouée à la nostalgie ?

Xavier de Rosnay : Elle n’est ni futuriste ni nostalgique. Pour nous, un nouveau disque n’est pas différent, c’est comme voir un vieux copain qui a changé de coupe de cheveux, mais ce détail est si apparent qu’il modifi e la perception.

Jean Michel Jarre : La morale et la nostalgie n’ont rien à voir avec ce qui permet de réaliser ses désirs. Il n’y a pas de volonté d’être moderne, c’est juste ainsi que l’on est vus.

Justice, Audio, Disco, Video (Ed Banger/Because).

Jean Michel Jarre, Essentials & Rarities (Disques Dreyfus). Oxygene, Equinoxe et Chants magnétiques viennent d’être réédités en vinyle (Disques Dreyfus).

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